Sans faillir un instant, j'ai traversé les ans.
J'ai vu les mornes plaines, les désertes vallées,
Le miel de l'aurore sur les montagnes d'argent,
L'encre veloutée se répandre, la nuit tombée,
Lentement, tendrement, embrasser l'océan.
J'ai arpenté cent fois la surface de la terre.
Invisible aux hommes qui déversent leur fiel,
Je suis autre. Divinité exilée du ciel,
Sans apôtre mon grand savoir s'avère éphémère.
Je me suis noyé dans la profondeur du ciel
Ma pensée cotôyait les nuages en kyrielles
J'ai vécu sans mentir et ma limpidité
M'épuise. Mon esprit s'étiole, se rit et se pâme
Mon éperduement ravi consume mon âme,
Me brûle fort les ailes. Pauvre hère, j'erre, j'étincelle.
Je suis le dernier d'une lignée sacrée
Que n'ai-je, fertilisé par le souffle des ancêtres,
Porté en mon sein sans défaillir, enfanté
Sans sourciller le digne héritier de mon être.
A la tombée du jour et des relents des ans
Je sais que m'attend un lent engourdissement.
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