Citations
"Par-delà toutes les raisons sociales et psychologiques que je peux trouver à ce que j'ai vécu, il en est une dont je suis sûre plus que tout : les choses me sont arrivées pour que j'en rende compte. Et le véritable but de ma vie est peut-être seulement celui-ci : que mon corps, mes sensations et mes pensées deviennent de l'écriture, c'est-à-dire quelque chose d'intelligible et de général, mon existence complètement dissoute dans la tête et la vie des autres."
Annie Ernaux, L'évènement
Annie Ernaux, L'évènement
"Si je ne pensais pas que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais pas un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvais ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives."
Gérard de Nerval, Aurélia
mardi 24 juillet 2012
Paréidolies de l'amour
Tu n’es qu’un prétexte dispendieux,
Rien d'autre qu'une chimère ;
Tu n’es qu’un ennui insidieux,
Rien de mieux qu'une misère.
Tes attraits à la vérité me sont immondes ;
Je me moque de toi et des hommes,
Je me moque de toi et du monde,
De tout autre et du reste, en somme.
Ô toi ma muse défraîchie !
Si tu savais comme je me ris
De tes airs fatigués,
De ton ego blessé,
De ton ingénue candeur
Sous tes airs fatigués,
De ton air de bonheur
Et de ton corps harassé.
Les yeux rebattus
De ton auguste secret
Qu'en ton sein tu tiens frais,
Tu t’agites et te mues
En curieux polichinelle,
En querelles sempiternelles,
Sans te douter un instant
Du sort qui t'attend.
Je sais les félicités augustes
Qu'on place en ces plaisirs frustes.
Que ne t'a-t-on détrompée !
A quel saint t'es tu vouée !
Car ma mie, en cette terre
Il n'y a qu'espoirs délétères,
Eternelles rêveries enfumées
De grandiloquence évaporée.
Je m'étonne et m'amuse à contempler
Les entrelacs des itinéraires insensés
Qui égarent de déconvenues en déboires
Hommes et femmes pris dans la même ronde
Qui constitue leur triste vie. Ainsi va le monde...
Et on m'appelle Amour ! On vante mes gloires !
On déploie des trésors d'ingénuosité
Pour m'affubler de la plus haute moralité.
Tristes mortels ! A la vérité je me repais
Du spectacle qu'offrent vos anges déchus.
Leurs ailes brûlées, fruits de mes méfaits,
Leurs auréoles calcinées, signes de mes bévues,
Les marquent de l'empire de mon pouvoir
Et du fer de mes maléfiques désirs.
Un à un par myriades je vous fais choir,
Mes éclats de rire vous déchirent.
Je suis le pire des démons !
Mes armées de Cupidon
Ne cessent de planter en vos coeurs
Moults désirs trompeurs
Qui font votre malheur.
Ainsi aveuglés vous souffrez
De ne point en ce monde trouver
Les illusions qu'en votre âme on a semées.
Elles les ont détruites, vos âmes !
Les voici rabougries, fanées, ratatinées,
Sous l'effet de ces moralités infâmes
Qui leur ont les ailes brisées.
Avortées par les plus beaux préceptes,
Mutilées par des idéaux ineptes,
Elles exhalent les relents fétides
Que leurs confèrent mes agissements perfides.
Masse disciplinée des hommes, abêtie
A l'envie, par le jeu de ma malignité avilie,
Dans quel embarras vous voilà ! Vous dites aimer,
Là où vous ne cherchez qu'une égoïste tranquillité
Que jamais pourtant ne trouvez. Vous dites chérir,
Quand vous ne savez que souffrir et en faire pâtir
Conjoint et rejetons. Vous n'avez pas idée de la Beauté
Car ce n'est que vers le sol que vous regardez,
Lors qu'il vous faudrait vers le ciel
Tourner vos regards ternis de fiel.
Dès la naissance je vous ai salis ;
Dès l'origine marqués de mon sceau,
Vous voilà réduits en esclavage,
Soumis à vos pulsions dont vous êtes l'otage,
Ou bien abaissant au rang d'un triste office
Le plus divin et merveilleux des délices.
Qui parmi vous saura lever le voile ?
Qui enfin cessera d'admirer les étoiles,
Produites par les feux de la combustion
Des corps des démons en putréfaction ?
Restez, restez encore longtemps dans l'ignorance !
Vos multiples afflictions et douloureuses errances
Sont la source de mes joies les plus grandes...
Vous n'auriez pu me donner meilleure offrande.
mardi 3 juillet 2012
Mercure
Sur la route je m'en vais
Disséminer souvenirs
Au regret de mes désirs,
Des cadences égarées
Au défilé kilométrique.
Au volant de ma voiture,
Drôles de pensées s'intriquent
Et ce n'est point sinécure
D'en récolter quelques-unes
Un tant soit peu oppurtunes.
De ma vie je prends mesure,
Bohémienne superflue
Aux entournures parées de
Déconfitures encourues,
De rêves à forte pointure.
Inutile n'est pas futile ;
Essouflée mais pas jouée ;
L'incommensurable veux
En une étoffe bigarrée
Rassembler. Ma vie effile.
Disséminer souvenirs
Au regret de mes désirs,
Des cadences égarées
Au défilé kilométrique.
Au volant de ma voiture,
Drôles de pensées s'intriquent
Et ce n'est point sinécure
D'en récolter quelques-unes
Un tant soit peu oppurtunes.
De ma vie je prends mesure,
Bohémienne superflue
Aux entournures parées de
Déconfitures encourues,
De rêves à forte pointure.
Inutile n'est pas futile ;
Essouflée mais pas jouée ;
L'incommensurable veux
En une étoffe bigarrée
Rassembler. Ma vie effile.
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