Citations
"Par-delà toutes les raisons sociales et psychologiques que je peux trouver à ce que j'ai vécu, il en est une dont je suis sûre plus que tout : les choses me sont arrivées pour que j'en rende compte. Et le véritable but de ma vie est peut-être seulement celui-ci : que mon corps, mes sensations et mes pensées deviennent de l'écriture, c'est-à-dire quelque chose d'intelligible et de général, mon existence complètement dissoute dans la tête et la vie des autres."
Annie Ernaux, L'évènement
Annie Ernaux, L'évènement
"Si je ne pensais pas que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais pas un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvais ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives."
Gérard de Nerval, Aurélia
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dimanche 2 septembre 2012
Monstre
J'ai un monstre dans le ventre,
Qui se love et qui se terre
En mon sein comme en son antre,
Rendant mon corps délétère.
En toutes mes cavités,
Sournoisement il s'infiltre.
Doucement empoisonnée
Par tous ses perfides philtres,
Je l'épuise en l'affamant.
En toutes mes cavités,
Sournoisement il s'infiltre.
Doucement empoisonnée
Par tous ses perfides philtres,
Je l'épuise en l'affamant.
Lui et moi nous nous livrons
Un lourd combat incessant
À coups de fiel et d'étrons.
Ses grondements sourdement
Secouent mon corps possédé,
Etreignent en son fondement
Ma pauvre âme endiablée.
Démoniaquement rieur,
Il rend tous mes efforts vains,
Par mes larmes de chagrin,
M'étouffe à l'intérieur.
Elle monte, ma colère,
Cette force non assumée,
Fureur extraordinaire
En poussées incontrôlées,
Déferlement inouï.
L'horizon de ma nuit
M'enfouit et me happe
Confettis de bouts de moi
Par tous mes pores s'échappent,
Du monstre ploie sous le poids.
Lasse et épuisée encore
Par notre lutte intestine,
Labourée de coups de pine,
Lui abandonne mon corps.
Par le monstre ensorcelé,
Tout entier devient
Rien qu'un corps étranger.
Rien ne m'appartient.
Mon âme restée invaincue
Souffre d'errances invisibles,
Lourde et grosse comme un cul
Dardé d'épines risibles,
Toujours promène sa peine,
Sa sempiternelle traîne
De mariée bafouée.
Tant de haine renfermée
A force de fermenter,
S'est muée en puissance
De désirs mal réprimés,
D'infatigables idées.
Passions inassouvies
Retrouveront sans tarder
De leur rivière le lit.
mardi 3 juillet 2012
Mercure
Sur la route je m'en vais
Disséminer souvenirs
Au regret de mes désirs,
Des cadences égarées
Au défilé kilométrique.
Au volant de ma voiture,
Drôles de pensées s'intriquent
Et ce n'est point sinécure
D'en récolter quelques-unes
Un tant soit peu oppurtunes.
De ma vie je prends mesure,
Bohémienne superflue
Aux entournures parées de
Déconfitures encourues,
De rêves à forte pointure.
Inutile n'est pas futile ;
Essouflée mais pas jouée ;
L'incommensurable veux
En une étoffe bigarrée
Rassembler. Ma vie effile.
Disséminer souvenirs
Au regret de mes désirs,
Des cadences égarées
Au défilé kilométrique.
Au volant de ma voiture,
Drôles de pensées s'intriquent
Et ce n'est point sinécure
D'en récolter quelques-unes
Un tant soit peu oppurtunes.
De ma vie je prends mesure,
Bohémienne superflue
Aux entournures parées de
Déconfitures encourues,
De rêves à forte pointure.
Inutile n'est pas futile ;
Essouflée mais pas jouée ;
L'incommensurable veux
En une étoffe bigarrée
Rassembler. Ma vie effile.
vendredi 4 mai 2012
Absence en forme libre
Ton silence me ravale dans l'oubli.
Larmes ravalées sur mon visage ravagé,
Creusé des sillons de ta présence égarée,
Baignent mon coeur d'une saveur amère.
Et lentement ton souvenir s'enfuit.
Mes sens calcinés au soleil de ton sourire
Qui a laissé mes envies s'enfurir,
S'énivrer pour toi mes désirs,
Gorger mes rêves et mon idéal frémir,
Me bercent d'une souffrance langoureuse.
D'envolées lyriques en riantes déconvenues,
D'échappées magiques en bruyantes retombées,
J'écope d'anciennes épopées qu'on eût cru perdues,
Et que voilà ranimées par la violence de tes caresses
Prodiguées comme par les mains de mille déesses.
Et s'emporte ma sensualité exacerbée, dérélictée
Par cet émerveillement incessant de mes sens,
Par l'indolence d'une si grande jouissance,
Par ce goût ravi de mon être pour ton être,
Ton être qui vient à manquer comme la pluie en été.
Larmes ravalées sur mon visage ravagé,
Creusé des sillons de ta présence égarée,
Baignent mon coeur d'une saveur amère.
Et lentement ton souvenir s'enfuit.
Mes sens calcinés au soleil de ton sourire
Qui a laissé mes envies s'enfurir,
S'énivrer pour toi mes désirs,
Gorger mes rêves et mon idéal frémir,
Me bercent d'une souffrance langoureuse.
D'envolées lyriques en riantes déconvenues,
D'échappées magiques en bruyantes retombées,
J'écope d'anciennes épopées qu'on eût cru perdues,
Et que voilà ranimées par la violence de tes caresses
Prodiguées comme par les mains de mille déesses.
Et s'emporte ma sensualité exacerbée, dérélictée
Par cet émerveillement incessant de mes sens,
Par l'indolence d'une si grande jouissance,
Par ce goût ravi de mon être pour ton être,
Ton être qui vient à manquer comme la pluie en été.
Absence en forme classique
Ton silence avéré me ravale dans l'oubli.
Larmes ravalées d'un visage ravagé,
Creusé des sillons de ta présence égarée,
Subrepticement ton souvenir s'enfuit.
Mes sens calcinés au soleil de ton sourire
Qui fit envies s'enfurir, idéal frémir
Et gorgea mon coeur d'une liqueur douceureuse,
Muent ton absence en une souffrance langoureuse.
D'envolées lyriques en riantes simagrées,
D'échappées rebelles en bruyantes retombées,
J'écope d'épopées ranimées par tes caresses,
Violentes douceurs nées des mains des déesses.
Voilà mon âme exacerbée, dérélictée
Par cet émerveillement incessant des sens,
Par ce goût enravi de tout mon être pour ton être,
Qui vient à manquer comme la pluie en été.
Larmes ravalées d'un visage ravagé,
Creusé des sillons de ta présence égarée,
Subrepticement ton souvenir s'enfuit.
Mes sens calcinés au soleil de ton sourire
Qui fit envies s'enfurir, idéal frémir
Et gorgea mon coeur d'une liqueur douceureuse,
Muent ton absence en une souffrance langoureuse.
D'envolées lyriques en riantes simagrées,
D'échappées rebelles en bruyantes retombées,
J'écope d'épopées ranimées par tes caresses,
Violentes douceurs nées des mains des déesses.
Voilà mon âme exacerbée, dérélictée
Par cet émerveillement incessant des sens,
Par ce goût enravi de tout mon être pour ton être,
Qui vient à manquer comme la pluie en été.
mercredi 4 avril 2012
Hymne à la vie
Longtemps je me suis sentie vide et creuse,
Un grand trou qui transperce la tête,
Un puits sans fond à la place du coeur.
Souvent je me suis sentie bête à faire peur
Laide comme un poisson qu'on étête,
Comme incarnée en saule pleureuse.
Mais je suis emplie d'émotions,
Riche de sensations.
La vie m'habite,
En moi s'invite,
Nappe phréatique
Palpite
Courant extatique
Crépite.
Personne ne sait la force qu'elle charrie
Personne n'a idée d'à quel point je suis emplie
D'amour, de passion, de rage, d'heureux épuisement,
Quelle énergie folle me pousse de l'avant.
Je cours, je me jette, je vole, je danse
A travers la vie en état de transe.
Ils pensent pouvoir m'attraper
Mais ne m'auront jamais.
Même meurtrie, même blessée
Une force en moi reste intacte
Malgré les impacts.
L'essentiel, ils ne l'auront jamais
Mon coeur bat pour la vie
A tout prix.
Un grand trou qui transperce la tête,
Un puits sans fond à la place du coeur.
Souvent je me suis sentie bête à faire peur
Laide comme un poisson qu'on étête,
Comme incarnée en saule pleureuse.
Mais je suis emplie d'émotions,
Riche de sensations.
La vie m'habite,
En moi s'invite,
Nappe phréatique
Palpite
Courant extatique
Crépite.
Personne ne sait la force qu'elle charrie
Personne n'a idée d'à quel point je suis emplie
D'amour, de passion, de rage, d'heureux épuisement,
Quelle énergie folle me pousse de l'avant.
Je cours, je me jette, je vole, je danse
A travers la vie en état de transe.
Ils pensent pouvoir m'attraper
Mais ne m'auront jamais.
Même meurtrie, même blessée
Une force en moi reste intacte
Malgré les impacts.
L'essentiel, ils ne l'auront jamais
Mon coeur bat pour la vie
A tout prix.
vendredi 30 mars 2012
Chute
Flétri d'idées folles,
De génie avorté,
D'intentions racollées et de désirs rabroués,
Il vacille.
Il tombe.
Il sombre.
De génie avorté,
D'intentions racollées et de désirs rabroués,
Il vacille.
Pétri de regrets
D'attention déçues
D'élans retenus et d'indicibles vertiges,Il tombe.
Pourri de secrets malapris,
De sentinelles trahies,
De milles manière et de manière incertaine, Il sombre.
Invitation
Serre-moi dans tes bras
Laissons glisser l'orage
Au gré des grondements du tonnerre
Voyageons émerveillés par monts et vallées
Pour faire liane de nos corps
Pour faire corps de nos coeurs
Laissons glisser l'orage
Au gré des grondements du tonnerre
Voyageons émerveillés par monts et vallées
Pour faire liane de nos corps
Pour faire corps de nos coeurs
L'amour n'existe pas
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Il a passé dans les cours de récré,
S'est épuisé en étés écoulés,
Est passé puis s'en est allé.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Mû de siège en bastion,
Après les répétitions
Au théâtre de mon coeur,
Avant le filage saccagé,
Avant la première avortée,
Il se meurt.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Quel sens cela a-t-il d'aimer
Quand d'amours imbéciles on s'éprend
Quand inlassablement on se méprend ?
Par le redoublement de nos égarements
Nous voilà mutuellement dupés.
De ces élans de désir
Nés d'une infime étincelle
Lovés en une vacillante nacelle
Qui vogue de mal en pire,
Je suis lasse.
De ces feux embrasés
D'un rien si vite allumés,
De cette sourde puissance
Qui prend ses aisances,
De son lit enragé, dévasté, saccagé,
Je suis lasse.
De ces impulsions urgentes,
De ces compulsions blessantes,
De ces oublis de moi-même
En celui qu'alors j'aime,
Je suis lasse.
Aimer, je ne sais pas
Aimer je ne sais plus.
Laisse-moi réapprendre,
Seulement même apprendre
Car c'est l'amour même que j'ai aimé
C'est la vie même que j'ai aimée
Jamais les malheureux dont le chemin j'ai croisé.
Les jeux de mon imagination,
Les méandres de l'idéalisation,
M'ont bernée à coups assénés
L'amour n'existe plus.
Il a passé dans les cours de récré,
S'est épuisé en étés écoulés,
Est passé puis s'en est allé.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Mû de siège en bastion,
Après les répétitions
Au théâtre de mon coeur,
Avant le filage saccagé,
Avant la première avortée,
Il se meurt.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Quel sens cela a-t-il d'aimer
Quand d'amours imbéciles on s'éprend
Quand inlassablement on se méprend ?
Par le redoublement de nos égarements
Nous voilà mutuellement dupés.
De ces temps gaspillés
En rêves épurés
De réalité déconnectés,
Je suis lasse.
De ces élans de désir
Nés d'une infime étincelle
Lovés en une vacillante nacelle
Qui vogue de mal en pire,
Je suis lasse.
De ces feux embrasés
D'un rien si vite allumés,
De cette sourde puissance
Qui prend ses aisances,
De son lit enragé, dévasté, saccagé,
Je suis lasse.
De ces impulsions urgentes,
De ces compulsions blessantes,
De ces oublis de moi-même
En celui qu'alors j'aime,
Je suis lasse.
Des combats incessants
De désirs lancinants
De fusion recherchée
Et de moi annihilé,
Je suis lasse.
De ces accès de fièvre,
De ces rêves funèbres,
De ces malentendus pérennes
Tissant le nid de mes douleurs et de mes peines,
Je suis lasse.
De ces amours macabres,
De ces éprouvantes batailles
Des sentiments qui déraillent
Et s'étiolent en acerbes palabres,
Je suis lasse.
Aimer, je ne sais pas
Aimer je ne sais plus.
Laisse-moi réapprendre,
Seulement même apprendre
Car c'est l'amour même que j'ai aimé
C'est la vie même que j'ai aimée
Jamais les malheureux dont le chemin j'ai croisé.
Les jeux de mon imagination,
Les méandres de l'idéalisation,
M'ont bernée à coups assénés
D'illusions déçues,
De peines malvenues,
De larmes injustifiées,
D'espoirs insensés brisés.
Laisse-moi à tes côtés
La quiétude trouver
La vraie vie goûter
Nos envies savourer.
Aurais-je un jour l'heur
de faire ton bonheur...
mercredi 1 février 2012
Facéties
Je rêve d'un monde d'oubli
Bercé par les mots, les images, les couleurs,
Les mélodies et les saveurs
Par d'autres insufflés.
Je m'imprègne de ce monde d'infinis sans cesse renouvelés
Mon esprit égayé, par ces vapeurs énivré
S'enhardit, me joue des facéties.
Freddie converse avec Proust et Racine.
Woody Allen prend le thé avec Audrey Hepburn, tandis que la grande dame qu'est Pina Baush dirige les chorégraphies de sa nouvelle comédie façon broadway.
Tatsumi échange avec Edgar Allan Poe.
Antony Hegarty et Marilyn Monroe improvisent un duo sous l'oeil hagard de Kurt Cobain et la caméra facétieuse de Tim Burton.
Guillaume Apollinaire émerveillé de la virilité exhibée de Rocco, invente de nouvelles métaphores impliquant grattes-ciels newyorkais et cougars sur le retour.
Ces mondes bigarrés
Nourrissent mes rêves
Abreuvent mes désirs
Me procurent les plus hauts plaisirs.
Je m'y plonge sans m'y noyer,
Jamais repue, je savoure sans trêve.
Bercé par les mots, les images, les couleurs,
Les mélodies et les saveurs
Par d'autres insufflés.
Je m'imprègne de ce monde d'infinis sans cesse renouvelés
Mon esprit égayé, par ces vapeurs énivré
S'enhardit, me joue des facéties.
Freddie converse avec Proust et Racine.
Woody Allen prend le thé avec Audrey Hepburn, tandis que la grande dame qu'est Pina Baush dirige les chorégraphies de sa nouvelle comédie façon broadway.
Tatsumi échange avec Edgar Allan Poe.
Antony Hegarty et Marilyn Monroe improvisent un duo sous l'oeil hagard de Kurt Cobain et la caméra facétieuse de Tim Burton.
Guillaume Apollinaire émerveillé de la virilité exhibée de Rocco, invente de nouvelles métaphores impliquant grattes-ciels newyorkais et cougars sur le retour.
Ces mondes bigarrés
Nourrissent mes rêves
Abreuvent mes désirs
Me procurent les plus hauts plaisirs.
Je m'y plonge sans m'y noyer,
Jamais repue, je savoure sans trêve.
La falaise
Pieds
joints au bord de la falaise, mon corps tendu, mes muscles un à un
raidis, en arc de cercle retenue, contenue. Toute entière en cette
ligne, je suis. Tour a tour, je me sens puissante et insignifiante,
immensément grandie et réduite au silence, devant le vide étendu
où se mire le sentiment de mon propre anéantissement. Époustouflée,
écrasée, indécise, j'hésite entre le rire sardonique et les
larmes éclectiques, entre dominer le monde et m'y jeter à corps
perdu, le vide précipiter, néant retournant au néant.
Déjà
je vois le paysage tourner, les sapins épouser les rochers, le ciel
et la terre fusionner, le monde entier pris dans un coït géant où
se mélangent le nord et le sud, l'est et l'ouest. La terre redevenue
plate, disque passé au quarante-cinq tours de ma folie, est aspirée
dans le tourbillon des quatre éléments. Le feu se joue de l'eau qui
ne peut plus l'éteindre, la terre s’effrite, devient vent de
poussière qui ouvertement charrie dans son sillage un indescriptible
ramassis. Dans cette folle bataille sans gagnants ni perdants,
l'implosion menace. Des couleurs éclatent, le bleu de l’eau, la
flamme orangée, l’arc-en-ciel du vent et la terre de sienne
forment les courbes d’une mosaïque infinie. Chaque parcelle est
aimantée vers les opposés, chacune aimante en sa manière
destructrice.
C'est la guerre de sécession dans ma tête, la quatrième guerre mondiale a eu raison de la quatrième dimension. L'explosion nucléaire a annulé l'unité des nations, atomisé l’équilibre fragile de mon monde intérieur. Je pars a la dérive de la collecte de mes neurones éparpillés, disséminés en étoiles sanguinolentes. Le grand puzzle s'est disloqué et j'en ai perdu le modèle. Condamnés à de multiples errances, des bouts de moi se rencontrent sans se reconnaître.
Déjà
je sens le poids de la chute m'écraser, m'étreindre une terreur
d'une folle densité. Je sens surgir l'ultime douleur, foudroyante,
en un dernier sursaut me renverser...
…
De l'autre côté de la
falaise. Retrouvés la détente salvatrice de mes jambes,
l'élasticité bienfaisante de mon corps, ressort aimanté qui
m'attire à terre. Le rude contact du sol, tel un électrochoc
reconstitue les plis et les coutures, l'unité retrouvée de mon
enveloppe charnelle. Articulés, dociles, bien huilés, mes membres
s'alignent, s'étirent, ou se plient. Allongée, la tête de coté,
je contemple ma main, paume ouverte vers le ciel, la jointure du
poignet, le délié de l'avant-bras, mon regard remonte, caresse
l'angle du coude et le courbe du bras, l'attache de l'épaule.
Et
la vie à nouveau dans son giron m'accueille, d'un bond je m'élève.
Je
garderai toujours en moi l'éclat de cet égarement. L'ultime
connaissance de l'expérience suprême me donnera sur les autres et
le monde un puissant ascendant. Une lucidité nouvelle, un acérement
des sens me hisseront au rang d'Enée, d'Orphée, et autres héros.
Pieds
joints au bord de la falaise, je sens poindre dans ma poitrine,
enfler en mon ventre, déferler dans mon corps un rire que je jette
de toutes mes forces, grotesque, énorme, assourdissant, se
répercutant en écho infini. Tous ont entendu ce message relayé par
le vent. La forêt et ses esprits en ont frissonné. Le soleil
derrière un banc de nuage s'est voilé. La lune impressionnée s'est
faite nouvelle. Les nymphes pudiquement dans l'ombre se sont
effacées.
Tous
savent maintenant que je suis.
jeudi 12 janvier 2012
Baisers
Baisers égarés, disséminés, éparpillés,
Baisers dévoilés, désemparés, insensés,
Baisers incongrus, éperdus, répandus,
Se dispersent sans retenue.
Baisers dévoilés, désemparés, insensés,
Baisers incongrus, éperdus, répandus,
Se dispersent sans retenue.
Règne nocturne
Tapie derrières les volutes noires ourlées de velours,
Dans les plis et circonvolutions des rideaux d'une étrange scène,
Elle gît, majesteuse,
Ronde et acerbe, moqueuse et dédaigneuse.
De sa froide lumière elle aiguise sa couche aérienne, nuages accumulés
comme autant de coussins dont elle marque les contours
du sceau de son éclat métallique réfléchi, réverbéré à l'infini.
Les soirs où elle daigne paraître, elle observe l'arène où évoluent les hommes,
contemple, indifférente, leur misère, leurs déboires, leurs égarements.
Tout à la fois spectatrice et actrice,
A leur insu elle guide leurs gestes.
Eléments et êtres vivants se plient à ses injonctions.
Lointaine, nul ne peut l'approcher,
Pas même les astres qu'elle tient à juste distance.
Comme les hommes, ils ne peuvent que l'admirer du lointain.
Elle exerce sur eux son étrange attraction,
Soupirants réduits à l'impuissance, vassaux désabusés.
Leur loyauté est d'une pureté inégalée.
Elle nourrit une vie secrète,
Nul ne sait où cycliquement elle se retire.
Certains parlent d'un chagrin d'amour oublié,
Qui l'a marquée du sceau d'une mélancolie infinie.
Dans les plis et circonvolutions des rideaux d'une étrange scène,
Elle gît, majesteuse,
Ronde et acerbe, moqueuse et dédaigneuse.
De sa froide lumière elle aiguise sa couche aérienne, nuages accumulés
comme autant de coussins dont elle marque les contours
du sceau de son éclat métallique réfléchi, réverbéré à l'infini.
Les soirs où elle daigne paraître, elle observe l'arène où évoluent les hommes,
contemple, indifférente, leur misère, leurs déboires, leurs égarements.
Tout à la fois spectatrice et actrice,
A leur insu elle guide leurs gestes.
Eléments et êtres vivants se plient à ses injonctions.
Lointaine, nul ne peut l'approcher,
Pas même les astres qu'elle tient à juste distance.
Comme les hommes, ils ne peuvent que l'admirer du lointain.
Elle exerce sur eux son étrange attraction,
Soupirants réduits à l'impuissance, vassaux désabusés.
Leur loyauté est d'une pureté inégalée.
Elle nourrit une vie secrète,
Nul ne sait où cycliquement elle se retire.
Certains parlent d'un chagrin d'amour oublié,
Qui l'a marquée du sceau d'une mélancolie infinie.
vendredi 16 décembre 2011
Mélancolie
Douce mélancolie
Lentement s'insinue
En armes retenues.
Habillée de supersititions infimes,
J'en bois le fiel jusqu'à la lie...
En infirme se mue l'intime.
vendredi 18 novembre 2011
Déliquescence
L'ombre d'une flamme lèche l'aura
Encore dorée d'un ange déchu
Qui, par de derniers soubressauts mû,
Tente en vain de rassembler ses éclats.
En tourbillons intérieurs il s'abîme,
Ineffable douleur d'une tristesse contenue,
Ne montrant que des signes infimes
D'un mal qui se voudrait sans retenue.
Inerte et infirme de son être,
La colère le hante et le ronge.
Il s'en imbibe tel une éponge
Mais n'en laisse rien paraître.
Il n'a pu l'endiguer et elle a fuit par ses pores
Cette haine qui l'habite et le dévore,
A sa propre perte le menant
Et sa chute précipitant.
Terrassée par son propre tourment,
Son âme intimement souillée convulse,
Et, vouée à un éternel étourdissement,
Du chaton où elle était sertie se révulse.
Je contemple cet ange foudroyé
Par son destin, rabaissé au rang humain.
Je songe aux peines qu'il a endurées
Et pleure en songeant à ses lendemains.
Encore dorée d'un ange déchu
Qui, par de derniers soubressauts mû,
Tente en vain de rassembler ses éclats.
En tourbillons intérieurs il s'abîme,
Ineffable douleur d'une tristesse contenue,
Ne montrant que des signes infimes
D'un mal qui se voudrait sans retenue.
Inerte et infirme de son être,
La colère le hante et le ronge.
Il s'en imbibe tel une éponge
Mais n'en laisse rien paraître.
Il n'a pu l'endiguer et elle a fuit par ses pores
Cette haine qui l'habite et le dévore,
A sa propre perte le menant
Et sa chute précipitant.
Terrassée par son propre tourment,
Son âme intimement souillée convulse,
Et, vouée à un éternel étourdissement,
Du chaton où elle était sertie se révulse.
Je contemple cet ange foudroyé
Par son destin, rabaissé au rang humain.
Je songe aux peines qu'il a endurées
Et pleure en songeant à ses lendemains.
vendredi 11 novembre 2011
Sombre chambardement
Etau resserré, acéré de mes désirs
De vivre je ne voulais que le rire
Mais peut-on avoir le meilleur sans le pire ?
Angoisse futile, sans relâche cependant.
Une nervosité douloureuse me prend,
Etreinte morbide, aux douceâtres et fétides relents.
Hachés menus, mes idées, mes pensées
Se délitent en un furieux torrent entaché
D'horreur, de haine, de culpabilité.
Il charrie dans son lit l'intime déchirure annonçant
La menace impromptue d'un anéantissement sans précédant,
Révélant mon être insignifiant dans ses éclats béants.
mardi 1 novembre 2011
Automne
A l'ombre des arbres mordorés,
Des génies endormis poussent de délicieux soupirs,
Des géants exubérants chantent en éclats de rire,
Des fées enivrées virevoltent en une folle farandole.
Les voici à l'accoutumée réunis en une harmonie bigarrée,
Tels les feuillages timorés
Ocres, orangés, verts, bordeaux, écarlates, dorés.
Sous l'effet des soupirs les feuilles commencent à frémir,
Les chants les font bruire, et les rires tonitruants choir
En une spirale semblable à la ronde féerique et folle.
Bientôt se répand une neige flamboyante,
Et des milliers de paillettes incandescentes
Disséminées deci-delà, parsèment le paysage.
Les branches dénudées, ainsi allégées
Se dressent plus sûrement vers les cieux
D'où s'extirpera bientôt la sorcière de l'hiver.
Chassant génies, géants et fées, elle changera
Le roux manteaux en un tapis putrescent
Où grouilleront des milliers de petits êtres
Dégoûtants, préparant le printemps.
mercredi 19 octobre 2011
Rêves
Je suis malade de trop de rêves,
De rêves endigués, endimanchés, engoncés,
D'imposantes idéalités
Qui ne me laissent aucune trêve.
Rêves d'enfants
Trop longtemps refoulés,
Cris d'impatience
Trop longtemps étouffés
Se sont mués en de monstrueuses espérances.
Une panse ainsi enflée de désirs rances
Répand son fiel, douce souffrance.
Blêmissant sous le poids des ans,
Je me sens tout à la fois
Trop juvénile, et sénile déjà.
J'ai peine à avoir foi
En mon être dépourvu d'aura,
Trop d'années gâchées, écoulées lentement.
Je ne sais rien et c'est mon drame
Je voudrais être cette femme qui haut et fort déclame,
Le regard assuré, la ferme droiture de sa pensée.
Mais ma tête évidée, mon coeur écorché
Me révèlent des beautés invisibles.
Mon âme, avide abîme, sonde,
Furette et s'emplit du monde.
Mes sens poreux, sensibles à des charmes indicibles,
Mon esprit malléable, épousant les formes de la nature,
Me sont douce folie qui me nourrit de ces essences pures.
mardi 11 octobre 2011
Sept années
Sept années sont passées...
Sept hivers bien comptés,
Sept printemps esseulés,
Sept étés en fumée,
Sept automnes endeuillés.
De ces sept années étoilées,
Judicieusement étalées
Sous la voûte céleste,
En rassembler les restes...
Et estomper les pluies battantes et les denses brumes
Réinventer l'océan déchaîné par les vents
Egrainer les dunes, les immoler d'humus blanc
Renouveler du soleil les caresses de plume.
Fleurir et épanouir les tendres pensées
En éclats de rire, sans ombre insuffler.
samedi 1 octobre 2011
Sourire criant
Quelque chose qu’elle ne peut saisir
Eperdument
Pas plus définir que circonscrire
Instamment
Qui dans ses palabres s’étire
Spontanément.
Ephèbe d’ébène qui pleure sa peine si goulûment.
mardi 27 septembre 2011
Le voyage
J'arrive seul au terme d'un voyage épuisant
Sans faillir un instant, j'ai traversé les ans.
J'ai vu les mornes plaines, les désertes vallées,
Le miel de l'aurore sur les montagnes d'argent,
L'encre veloutée se répandre, la nuit tombée,
Lentement, tendrement, embrasser l'océan.
J'ai arpenté cent fois la surface de la terre.
Invisible aux hommes qui déversent leur fiel,
Je suis autre. Divinité exilée du ciel,
Sans apôtre mon grand savoir s'avère éphémère.
Je me suis noyé dans la profondeur du ciel
Ma pensée cotôyait les nuages en kyrielles
J'ai vécu sans mentir et ma limpidité
M'épuise. Mon esprit s'étiole, se rit et se pâme
Mon éperduement ravi consume mon âme,
Me brûle fort les ailes. Pauvre hère, j'erre, j'étincelle.
Je suis le dernier d'une lignée sacrée
Que n'ai-je, fertilisé par le souffle des ancêtres,
Porté en mon sein sans défaillir, enfanté
Sans sourciller le digne héritier de mon être.
A la tombée du jour et des relents des ans
Je sais que m'attend un lent engourdissement.
Sans faillir un instant, j'ai traversé les ans.
J'ai vu les mornes plaines, les désertes vallées,
Le miel de l'aurore sur les montagnes d'argent,
L'encre veloutée se répandre, la nuit tombée,
Lentement, tendrement, embrasser l'océan.
J'ai arpenté cent fois la surface de la terre.
Invisible aux hommes qui déversent leur fiel,
Je suis autre. Divinité exilée du ciel,
Sans apôtre mon grand savoir s'avère éphémère.
Je me suis noyé dans la profondeur du ciel
Ma pensée cotôyait les nuages en kyrielles
J'ai vécu sans mentir et ma limpidité
M'épuise. Mon esprit s'étiole, se rit et se pâme
Mon éperduement ravi consume mon âme,
Me brûle fort les ailes. Pauvre hère, j'erre, j'étincelle.
Je suis le dernier d'une lignée sacrée
Que n'ai-je, fertilisé par le souffle des ancêtres,
Porté en mon sein sans défaillir, enfanté
Sans sourciller le digne héritier de mon être.
A la tombée du jour et des relents des ans
Je sais que m'attend un lent engourdissement.
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