L'amour n'existe plus.
Il a passé dans les cours de récré,
S'est épuisé en étés écoulés,
Est passé puis s'en est allé.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Mû de siège en bastion,
Après les répétitions
Au théâtre de mon coeur,
Avant le filage saccagé,
Avant la première avortée,
Il se meurt.
L'amour n'existe pas,
L'amour n'existe plus.
Quel sens cela a-t-il d'aimer
Quand d'amours imbéciles on s'éprend
Quand inlassablement on se méprend ?
Par le redoublement de nos égarements
Nous voilà mutuellement dupés.
De ces temps gaspillés
En rêves épurés
De réalité déconnectés,
Je suis lasse.
De ces élans de désir
Nés d'une infime étincelle
Lovés en une vacillante nacelle
Qui vogue de mal en pire,
Je suis lasse.
De ces feux embrasés
D'un rien si vite allumés,
De cette sourde puissance
Qui prend ses aisances,
De son lit enragé, dévasté, saccagé,
Je suis lasse.
De ces impulsions urgentes,
De ces compulsions blessantes,
De ces oublis de moi-même
En celui qu'alors j'aime,
Je suis lasse.
Des combats incessants
De désirs lancinants
De fusion recherchée
Et de moi annihilé,
Je suis lasse.
De ces accès de fièvre,
De ces rêves funèbres,
De ces malentendus pérennes
Tissant le nid de mes douleurs et de mes peines,
Je suis lasse.
De ces amours macabres,
De ces éprouvantes batailles
Des sentiments qui déraillent
Et s'étiolent en acerbes palabres,
Je suis lasse.
Aimer, je ne sais pas
Aimer je ne sais plus.
Laisse-moi réapprendre,
Seulement même apprendre
Car c'est l'amour même que j'ai aimé
C'est la vie même que j'ai aimée
Jamais les malheureux dont le chemin j'ai croisé.
Les jeux de mon imagination,
Les méandres de l'idéalisation,
M'ont bernée à coups assénés
D'illusions déçues,
De peines malvenues,
De larmes injustifiées,
D'espoirs insensés brisés.
Laisse-moi à tes côtés
La quiétude trouver
La vraie vie goûter
Nos envies savourer.
Aurais-je un jour l'heur
de faire ton bonheur...
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