Citations

"Par-delà toutes les raisons sociales et psychologiques que je peux trouver à ce que j'ai vécu, il en est une dont je suis sûre plus que tout : les choses me sont arrivées pour que j'en rende compte. Et le véritable but de ma vie est peut-être seulement celui-ci : que mon corps, mes sensations et mes pensées deviennent de l'écriture, c'est-à-dire quelque chose d'intelligible et de général, mon existence complètement dissoute dans la tête et la vie des autres."
Annie Ernaux, L'évènement

"Si je ne pensais pas que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais pas un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvais ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives."
Gérard de Nerval, Aurélia

jeudi 20 octobre 2011

L'automne, joyeuse endeuillée...


Voici revenues les belles journées d’automne. Le soleil, énorme orange émergeant dans la brume, nimbe les champs labourés d’une douce lumière rousse. A perte de vue ils s’étendent, parsemés de petits bosquets. Deci delà, de légers nuages de brouillard flottent tels des baisers que le ciel, se penchant avec sollicitude sur la terre, y aurait déposés.

Voici revenue la belle automne, parée de son manteau cuivré et de son léger voile embrumé. Passés les verdures florissantes aux couleurs criantes, le soleil de plomb, les lumière crues. Terminées les chaleurs harassantes, la lourdeur des nuits étouffantes et agitées.
Les hautes herbes ont fané, enlisées sous le tapis des feuilles qui chutent en un tourbillon d’ocre, d’orangés, de verts passés, de marrons terreux. Le bruissement du vent qui agite les feuillages fanés murmure l’oubli de ces journées qui n’en finissaient plus. Le soleil chatoyant inonde le paysage d’une lumière rase et douce. 
L’automne a enterré l’été, joyeuse endeuillée. Fraîche et légère, elle célèbre allègrement le passage du temps, dispersant ses paillettes d’or et de zinc. Les feuilles chutées se muent lentement en humus, préparant déjà le retour du printemps.

Je m’en vais ravie, le cœur léger, marcher sur ses tapis illuminés, revigorée par l’air frais et vivifiant et la caresse douce et apaisante que le soleil dépose sur ma joue.
A la nuit tombée je retrouverai la quiétude du logis. Je goûterai la lueur chaude de la bougie, le plaisir de s’emmitoufler, de se lover sous la couette diffusant sa chaleur engourdissante. Le murmure du vent et le chant de la pluie battant les carreaux me porteront jusqu’au sommeil. 

3 commentaires:

  1. C'est magnifique, cousine ! Continue de déposer ta prose et ainsi chasser le morose ! ;)

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  2. Félicitation !

    Un anonyme, pas si anonyme ;)

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  3. Merci à toi, anonyme ! N'hésite pas à t'inscrire à ce site pour recevoir une notification à chaque nouvelle publication. Et si tu aimes, parles-en autour de toi... Merci !!!

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