Citations

"Par-delà toutes les raisons sociales et psychologiques que je peux trouver à ce que j'ai vécu, il en est une dont je suis sûre plus que tout : les choses me sont arrivées pour que j'en rende compte. Et le véritable but de ma vie est peut-être seulement celui-ci : que mon corps, mes sensations et mes pensées deviennent de l'écriture, c'est-à-dire quelque chose d'intelligible et de général, mon existence complètement dissoute dans la tête et la vie des autres."
Annie Ernaux, L'évènement

"Si je ne pensais pas que la mission d'un écrivain est d'analyser sincèrement ce qu'il éprouve dans les graves circonstances de la vie, et si je ne me proposais pas un but que je crois utile, je m'arrêterais ici, et je n'essaierais pas de décrire ce que j'éprouvais ensuite dans une série de visions insensées peut-être, ou vulgairement maladives."
Gérard de Nerval, Aurélia

lundi 25 juin 2012

Ode

Le meilleur est-il à venir ? 
Voilà le doute qui nous fait vivre... 
Ou bien est-ce l'espoir qui perdure dans les temps les plus rudes ? 
Ou bien, dans les jours incertains, les souvenirs 
Emplis d'une mélancolie prégnante,
Parés de la tendre aura prodiguée par le passage du temps, 
Blasons redorés d'une époque révolue sans cesse revisitée ? 

La caresse du temps panse mes blessures
Refermées en une poche de fiel, 
Et révèle leurs qualités vinicoles. 
Elle recèlent d'émotions enfouies,
Limen de l'imaginaire, 
Fruits d'anciennes passions attiédies, 
Muées en de mythiques récits 
En de cycliques vertiges 
Sensations perdues qui m'habitent de leurs reflux 
Inestimables trésors

Un lapin blanc échappé en sauts de gazelle 
N'est pourtant pas celui d'Alice 
Les blés blonds entâchés de coquelicots  
Rouge que sature le plomb du ciel
Jaune chatoyant rayonnants 
La tendreté des avortons de bogues de châtaignes 
Disséminés sur l'ocre du chemin ensablé 
Ce vert de printemps qui m'émeut jusqu'à la moelle 
Les feuilles en coupelle où s'épanouissent taches de rouille 
Marques d'une longue maladie 
Signes d'un lent rétablissement les vents se lèvent  
Ce temps tiède et pluvieux amollit mon ressentiment 
Ma colère s'évapore a mesure que l'astre sèche la plaine 
En milliers d'arc en ciel 
Les offenses passées les rêves alités les désirs entâchés 
 
Fais frémir l'enflammé 
Danser l'irréalisé 
Virevolter le virtuel 
Sont des mirages si doux a mes pensées pénétrées  
Révélées  
Entends mon appel 
Qui n'est autre que celui de la vie 

Les balanciers ensablés 
Se déchaînent
Poursuivent leur course folle
N'ont que faire de mes bémols
Tissent en une longue étole
Les fils d'Ariane collectés

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